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02.07.2007

Dualisme

En philosophie, on désigne ainsi toute doctrine qui conclut à l'existence simultanée, dans un certain domaine ou universellement, de deux principes irréductibles l'un à l'autre.

L'effort de réduction du divers à l'unité aboutit souvent à distinguer deux principes différents ou opposés, nécessaires l'un et l'autre par leur association ou leur antagonisme à l'explication du monde ou de l'homme dans le monde. Le mazdéisme dans l'ancienne Perse et plus tard le manichéisme opposent le principe du bien et le principe du mal comme tous deux créateurs d'un aspect de l'Univers, où leur lutte est perpétuelle. Le dualisme se retrouve à tous les étages de la culture: en métaphysique, entre l'esprit et la matière; dans la théorie de la connaissance, entre le sujet et l'objet, la nécessité et la contingence; dans la vie religieuse, entre la nature et la grâce; en psychologie, entre l'âme et le corps, l'entendement et la volonté, la sensibilité et la raison, ou, pour prendre un exemple plus moderne, emprunté à Freud, entre le principe de plaisir et le principe de réalité.

Tout dualisme laisse un malaise, l'esprit étant avide d'unité. Il lui incombe de montrer comment les deux principes entrent en rapport, se combinent ou se combattent, ce qui est difficile à concevoir, dès lors qu'on les a définis comme disparates et hétérogènes. L'exemple cartésien est particulièrement éclairant. Descartes commence par séparer absolument l'âme et le corps, le cogito nous offrant la certitude absolue de notre existence en tant que «substance pensante», alors que le corps reste dans le cercle du doute, en d'autres termes: le «je pense» est une évidence, l'existence de mon corps n'est qu'une conviction. Le domaine de l'âme est celui de la volonté et de la liberté, celui du corps un pur mécanisme. Mais la perception, l'imagination, les passions, tout comme l'effort volontaire s'imposant aux muscles, ne relèvent exclusivement ni de l'âme ni du corps. Aussi Descartes en vient-il à considérer l'union de l'âme et du corps comme une troisième substance, ce qui paraît peu satisfaisant.

Au dualisme (ou au pluralisme) s'oppose le monisme matérialiste ou idéaliste, qui s'efforce de ramener l'ensemble des êtres à l'unité d'une substance ou d'un principe. Mais il rencontre la difficulté opposée, car il doit rendre compte de la riche diversité des êtres, de leurs oppositions et de leurs luttes, sous peine de retomber dans l'immobilité figée de la sphère de Parménide, hors de tout mouvement et de toute vie. On peut aussi penser que, dans leur rigidité, dualismes ou monismes sont plutôt des catégories de pensée qui permettent à l'esprit soit de dialectiser le réel, soit de rechercher l'unité cachée sous les apparences, mais que la réalité les dépasse infiniment par sa complexité, qu'il convient d'explorer sans préjugés.


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