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30.06.2007

Manichéisme

Doctrine religieuse prêchée par le perse Mani ou Manès (216-276), peintre, calligraphe et poète qui, s'identifiant au Paraclet annoncé par Jésus, se prétendit porteur d'une nouvelle révélation.

Encouragée en Iran par le roi Châhpuhr Ier, cette doctrine fut prêchée jusqu'en Inde à la faveur des expéditions de ce dernier et dans de nombreuses régions à l'occasion des voyages de son fondateur.

Combinant des éléments chrétiens, mazdéens, zoroastriens et bouddhistes, cette forme de gnose reposait sur un dualisme radical développé dans le cadre d'une « histoire du salut » : la coexistence et la lutte éternelles des deux principes fondamentaux égaux et antagonistes : le Bien, symbolisé par la lumière, et le Mal, figuré par les ténèbres et identifié à la matière. Enfermé dans la matière, l'homme doit s'en libérer par la connaissance.

Se voulant une religion universelle, le manichéisme se répandit effectivement entre le IIIe et le XIe siècle dans l'empire romain et, ultérieurement, dans le monde musulman. Mani demandait d'ailleurs à ses adeptes d'« errer perpétuellement dans le monde, prêchant la doctrine et guidant les hommes dans la Vérité ». Des fragments de textes rédigés en différents dialectes persans, en chinois et en vieux turc (ouïgour), ont été retrouvés au nord-ouest du Turkestan chinois. Cette diversité témoigne de la fabuleuse extension de la doctrine de Mani. Après la mort de son fondateur, le manichéisme, persécuté, ne tarda pas à disparaître en Iran, mais subsista en Orient jusqu'au XIVe siècle. En Occident, malgré la lutte énergique que menèrent contre cette doctrine les empereurs à partir de Dioclétien, elle réapparut çà et là, au Moyen Âge, chez les Bulgares, les Serbes Bogomiles et enfin chez les Cathares du Midi de la France, où elle ne fut éradiquée qu'au terme de la sanglante croisade menée contre les Albigeois.

L'étude du manichéisme repose essentiellement sur la réfutation qu'en fit saint Augustin dans ses Confessions, ainsi que sur des sources syriaques, arabes, persanes, pahlavies ou arméniennes.

 

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Ouïgours

(ou Ouïghours, ou Uigurs). 

Tribu turque primitivement établie dans le bassin de la Selenga, en Asie centrale. D'abord vassaux des Tou-kine, ils profitèrent de la dislocation de leur empire (741) pour conquérir l'hégémonie en Mongolie, qu'ils dominèrent de 745 à 840 (invasion des Kirghiz). Les Ouïgours s'établirent alors en Chine centrale où ils créèrent un État dont la civilisation fut des plus brillantes jusqu'à ce que les Mongols y missent fin (XIIIe s.) : adoption du manichéisme comme religion d'État, invention d'une écriture tirée de l'alphabet sogdien (lui-même dérivé du syriaque) ce qui leur permit de créer la plus ancienne des littératures d'expression turque et de contribuer puissamment au progrès de la civilisation chez les peuples turcs et mongols.

Aujourd'hui, les Ouïgours sont majoritaires (7,2 millions sur 16,9 millions d'habitants en 1990) dans la région autonome ouïgour du Xinjiang. Musulmans sunnites, ils revendiquent leur indépendance vis-à-vis de la Chine.

 

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