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04.10.2006
Le signe du Paraclet
«Jésus, premier Né, sauve-moi, s’écrie le psalmiste manichéen. Je veux ôter ce (vêtement) terrestre: ... l’ancien... je l’abandonnerai. Le feu du... de la ruse, et le camp des ennemis, je les soumettrai par l’armure du Paraclet. J’ai renoncé à toi, ô Satan. Les anges de (la lumière m’ont aidé à vaincre les)… des démons. Je m’extrairai de (la gangue) de ce monde et (je me détournerai) de la fausse lumière émanant de la quintuple étoile. Je détruirai la ruse des Archontes que je porte en moi et je rayonnerai dans le signe du Paraclet.»
Quand le moment est venu, quand les six phases du mystère chrétien d’initiation ont été réalisées par le candidat à la vie libérée, les deux corps, le corps matériel et le corps vital porteur de l’Âme nouvelle, peuvent être séparés l’un de l’autre. Cette rupture et ce détachement du vêtement de lumière s’accomplissent en six endroits: la tête (1), le cœur (2), les deux mains (3 et 4) et les deux pieds (5 et 6). Ces six aspects correspondent aux fameux stigmates du Christ crucifié et aux six points d’attaches du corps vital avec le corps physique. Le cœur est le siège de la rose; la tête, le siège du pouvoir mental, donc de l’esprit; les centres des deux mains sont les organes du pouvoir d’action; les centres des deux pieds sont les organes de l’activité motrice.
Chez les cathares ce processus de «détachement de la croix» s’accomplissait au cours de la cérémonie du consolamentum qui avait lieu dans la grotte de Bethléem, à Ussat-les-Bains dans le sud de la France, près de Tarascon sur Ariège.
Lors de cette puissante célébration, le futur parfait recevait le baptême du feu par imposition des mains, puis prenait place dans le Pentacle gravé dans la roche, avant d’être revêtu de la robe noire de l’Ordre, symbole de son nouvel état d’Âme vivante reliée au champ de l’Esprit.
Le rite manichéen de «la main droite», qui s’accomplissait de plusieurs manières à l’intérieur de l’Église manichéenne, remplissait probablement la même fonction que la cérémonie du consolamentum: le baptême de l’Esprit «consolateur» était conféré par les Anciens à celui qui était parvenu au terme de son processus d’endoura (la dissolution du moi et du Soi supérieur), celui en qui les «trois jours» (de douze heures) avaient triomphé des «deux nuits» et des «cinq sortes de grands combats».
Ce «saint baptême de Jésus-Christ» consacre ou confirme dans le candidat la séparation définitive des deux Principes, Lumière et Ténèbres, Matière et Esprit. «Va-t-en ainsi, joyeuse, est-il dit de l’âme victorieuse, entraînée vers la terre de lumière, scellée de ton sceau, avec tes couronnes [= chakras, roues de feu] qui ne se fanent point; Ceux qui portent la couronne reçoivent un saint baptême. Ils entrent dans le repos parfait [libération]».
Pour la «créature nouvelle», pour l’Homme parfait, la fin des temps, le «temps postérieur» s’est accompli. Il a intérieurement rétabli la tri-unité Esprit, Âme et Corps, symbolisée dans les textes manichéens par le vêtement de l’Ame, la couronne de l’Esprit et le sceptre de la nouvelle conscience, attributs du véritable prêtre-roi. Du cœur de l’homme pneumatique jaillit alors cet antique chant de louange, dédié au Mani de tous les temps: «Tu nous as délivrés de la douleur, ô Seigneur. O Paraclet, tu as répandu sur nous la joie. Toutes les églises célèbrent ton Mystère. Nous donnons aujourd’hui notre rose, comme les arbres donnent leur fruit, afin qu’elle devienne une couronne que tu poseras sur notre tête.» À cette invocation et ce témoignage spirituel il était ainsi répondu:
Salut à toi, ô Âme, qui a mis fin à la lutte en jubilant. Tu t’es échappée de la tanière du lion, de la demeure des voleurs, du corps de la mort, pleuré de tous. La mer et les vagues, tu les as vaincues par la foi. Les monstres qui voulaient envahir ton bateau, tu les as vaincus sur ta route. Ils ne t’ont ni reconnue ni comprise. La force du péché gémit, parce que tu lui as échappé soudainement. Car tu n’as pas suivi l’erreur et par ta Vertu grandissante, tu as éteint le feu de ses démons. Tu as confondu les chasseurs qui voulaient te capturer. Tu as déroulé leurs filets. Maintenant, ils s’étonnent de la beauté de tes ailes, parce que tu t’élèves avec la force de l’aigle jusqu’au colombier de la liberté.
François Favre, Mani Christ d'Orient, Bouddha d'Occident
12:45 Publié dans 02. Gnose manichéenne | Lien permanent | Envoyer cette note



