02.10.2006
Una Sancta: au delà des oppositions
Una Sancta: Corps magnétique christocentrique.
Peut-être connaissez-vous cette vieille légende du Bouddha: il avait offert à l'humanité sa doctrine de sagesse et donné le branle à un nouveau réveil spirituel. Parvenu au terme de son travail, ayant déjà quitté les demeures de la nuit, il vit qu'il avait, il est vrai, des millions de partisans, mais qu'hélas, précisément par suite de son apparition dans le monde, une lutte terrible et meurtrière s'était développée aussi, une lutte entre le Brahmanisme et le Bouddhisme. Les Brahmanes, depuis longtemps protecteurs des Védas et des Upanishads, donc aussi d'une sagesse divine, étaient furieux et combattaient, par tous les moyens, le Bouddhisme croissant. Les élèves du Bouddha et leurs descendants ne restaient pas en arrière, eux non plus. Et une grande souffrance était dans le coeur du Sublime; lui qui voulait servir les hommes et, avec un amour infini, voulait les sauver tous, voyait la lutte qui se déroulait en son nom.
Alors il décida de revenir. Il revint dans les ombres de la nature de la mort, douze siècles après sa disparition en tant que Bouddha, mais cette fois en tant que Shankara, le Sublime.
Shankara, en effet, est un instructeur que l'histoire a enregistré. Et il ne s'agit donc pas ici simplement d'une légende, mais aussi d'une réalité. Shankara enseigna la synthèse de toute la sagesse divine. Il montra que les Védas, les Upanishads et les enseignements du Bouddha étaient identiques et poursuivaient les mêmes vues. Il démontra l'universalité de toute doctrine de sagesse. Et quand il eut rempli sa tâche Shankara, qui était le Bouddha, disparut mystérieusement.
Cette légende nous vint à la pensée, en rapport avec l'Una Sancta, l'Una Mystica qui se manifeste à nouveau dans le corps magnétique de la double Ecole Spirituelle. On ne peut dire de l'Ecole Spirituelle actuelle qu'elle suive une direction sectaire et exclusive. Non, cette Ecole, ce corps magnétique, est une authentique école-Shankara où la synthèse de toute sagesse universelle est révélée.
De même que Shankara avec ses partisans et ses initiés vint après le Bouddha, de même la Gnose vint après la manifestation de Jésus le Seigneur pour synthétiser toutes les doctrines de sagesse de l'histoire mondiale entière et les révéler comme une magnifique unité. Le Taoïsme, le Brahmanisme, le Bouddhisme et le Christianisme sont, par essence, en tant que doctrines de libération et voies de libération, unes dans la Gnose. C'est pourquoi la Rose-Croix s'élève au-dessus de la lutte métaphysique séculaire et sert le Shankara de tous les temps.
Ainsi l'on peut, apaisé et élevé au-dessus de toute agitation émotionnelle, trouver le nouveau comportement qui se trouve dans le Sermon sur la Montagne. Le combat que nous devons mener ne doit pas nous dresser les uns contre les autres, ne doit pas nous séparer en partis et en groupes, nous diviser selon les sympathies et les antipathies, dans des jugements et des condamnations, dans la critique et l'outrage. Celui qui mène encore cette lutte inutile ne peut lever le glaive contre le propre soi inférieur, contre la nature de la mort qui nous entoure, contre le monde et le péché du mal. Et ce n'est que par rapport à cette lutte-là que Jésus le Seigneur dit: «Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive».
C'est donc seulement lorsqu'on est entièrement occupé à pousser le glaive dans sa propre âme qu'on ne trouve ni le temps ni l'intention de blesser les autres et de les combattre. Et lorsque vous êtes occupé de cette manière avec vous-même et voyez votre propre désarroi, vos besoins et vos faiblesses, une grande compassion naît en vous pour les autres qui ont encore à apprendre la manière de manier le glaive. C'est alors seulement que vous serez capable d'aider, avec le doux chuchotement de la compassion, purifié par votre propre expérience.
Alors vous mettrez en pratique la parole du Christ: «Venez tous à moi, vous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai le repos». L'Ecole Spirituelle alors sera, pour ceux qui sont vraiment fatigués, un refuge où ils pourront rencontrer votre grand amour et l'offrande de votre bonne volonté. Vous serez ainsi le véritable serviteur de l'éternel Shankara qui vint, non pour diviser et détruire, mais pour unir. Unir dans l'Una Sancta.
Jan van Rijckenborgh, La gnose des temps présents
11:30 Publié dans 04. Gnose moderne | Lien permanent | Envoyer cette note



