15/09/2006

Principes de base de l'alchimie spirituelle

Les anciens Rose-Croix classiques disaient qu'il existait trois moyens de base pour fabriquer de l'or: le Soufre, le Mercure et le Sel.

Ces trois éléments, ils les nommaient également: Flamma — Natura — et Mater, ou, selon l'auteur de la Lettre de Jean: Spiritus, Aqua et Sanguis, tandis que dans l'École Spirituelle moderne, nous les nommons conscience — fluide nerveux — et sang. A cette formule s'ajoute cependant un quatrième élément, l'élément feu.

Tout d'abord, il faut confier le soufre au feu, puis on y incorpore lentement le mercure et le sel, et le produit final est l'or. La Flamma — ou flamme — doit être allumée par le Feu. La Nature alors changera et, de la Matrice ou mère, l'Or sera réalisé. Il faut enflammer le Spiritus par le Feu, l'Eau alors bouillira et le Sanguis, ou sang, qui doit cuire avec l'Eau, abandonnera l'Or au fond la cornue.

Que faut-il entendre par là?

L'alchimiste moderne doit livrer sa conscience au feu de la nouvelle et mystérieuse impulsion atmosphérique; la conscience une fois chargée de ce feu, le fluide nerveux doit être rendu bon conducteur de la nouvelle radiation; ensuite, le fluide nerveux transmet la nouvelle force au sang afin que, du sang — du sang renouvelé donc — s'élève le Nouveau, l'Éternel, le Divin Manteau d'Or.

Que signifie tout cela?

«Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu; quiconque est né de Dieu triomphe du monde dans et par l'Esprit, l'Eau et le Sang».

Étudions maintenant de plus près cette formule transfiguristique classique!

Tout d'abord, renonçons à examiner cette formule avec notre être pensant et sensible dialectique ordinaire. Cet être est, pour le moment, entièrement le fruit de votre type sanguin, de votre radiation sanguine actuelle. Par la circulation céphalique, les sept groupes cérébraux dans le coeur et les sept groupes cérébraux dans la tête sont emprisonnés sans répit dans et par le sang; ils fonctionnent grâce au sang. Votre être pensant et sensible se fonde sur cet état de fait. De là s'explique votre développement intellectuel ou mystique. Et vous devez comprendre dès lors que ces pouvoirs que vous employez journellement — dont vous vivez et êtes selon le sang — représentent une brisure totale, sont entièrement perdus par un individualisme exclusif.

Comprenez-vous à présent pourquoi l'École de la Rose-Croix fulmine si souvent contre la religion et l'occultisme naturels? C'est parce qu'ils s'appuient respectivement sur notre sensibilité naturelle et sur notre intellectualité naturelle. Votre disposition mystique ou votre orientation intellectuelle sont les accents de votre emprisonnement dans et par le sang. Celui qui s'approche de l'École de la Rose-Croix, avec sa seule disposition naturelle du coeur, toute pleine qu'elle soit d'amour, de dévotion et de dévouement, et avec ses seuls dons intellectuels naturels, aussi intelligent qu'il soit, ne peut ni comprendre, ni sentir, ni saisir l'essence de la formule transfiguristique classique. Un tel ne peut jamais sonder la sainte alchimie de l'or véritable, il restera tout au plus possédé de l'idée sans pouvoir jamais la réaliser ici-bas.

[...] Il y a en chaque homme un troisième pouvoir, une troisième cognition. Et c'est avec cette troisième cognition que vous devez vous approcher de la formule transfiguristique de la fabrication de l'or. Cette troisième cognition siège dans le système du feu du serpent. Nous la désignons comme étant la Conscience, le Soufre, la Flamme, le Spiritus dont nous parlions plus haut.

Cette troisième cognition a, elle aussi, sept aspects, dont l'un est la volonté humaine. La volonté est un pouvoir qui ne s'explique pas par des circonvolutions du coeur ou de la tête, c'est l'une des sept lumières de la conscience. Le pouvoir de la volonté est la clé de la conscience!

Nous voudrions de grand coeur vous enseigner l'alchimie pratique. Nous nous efforçons de vous faire vivre les Noces Chymiques de Christian Rose-Croix. C'est pourquoi, écoutez!

La formule dit: «Confiez tout d'abord le soufre au feu, ajoutez-y lentement mercure et sel, et le produit final sera l'or».

Si nous traduisons cette formule selon notre terminologie, nous savons qu'il nous faut tout d'abord confier au Feu la conscience, notre conscience.

En examinant pratiquement cette recommandation, c'est le premier aspect de cette conscience, la volonté, que nous devons, pour commencer, confier au Feu. Vous êtes tous en état d'entreprendre cette alchimie. Par votre contact avec l'École et son champ de force, vos ardeurs sentimentales et intellectuelles ont reçu de rudes coups afin que vous consentiez à confier au Feu votre troisième cognition: la volonté.

Nous vous conseillons de bien lire et étudier ce qui concerne, dans le Dei Gloria*, «l'Initiation de Mars du premier septuple cercle», et vous comprendrez que la volonté est le commencement ou la fin de tout. La volonté est le Grand Prêtre dans votre Temple. Et cette volonté, nous devons la confier au Feu.

Quel feu?

Le feu de Christ, c'est-à-dire la radiation gnostique actuelle, la mystérieuse impulsion atmosphérique actuelle.

Convertir sa volonté dans ce Feu n'est pas un état médiumnique, car dans cet état on veut pétrir la volonté en tant que clé de la personnalité pour arriver à dominer cette personnalité. Les forces qui nous parviennent dans la médiumnité ne sont pas le Feu, elles ont la même clé vibratoire que notre conscience, à savoir trente mètres au maximum par seconde. Or, la radiation de Christ est une impulsion dont le pouvoir vibratoire s'élève bien au delà de notre potentiel de conscience, c'est pourquoi la rencontre avec cette radiation brûle comme un feu, nous pourfend comme un glaive.

Confier le soufre au Feu signifie que l'élève, neutralisant toute son ardeur de volonté selon la nature, monte sur le bûcher de Christ, s'élance directement dans ce feu, tel l'antique oiseau des mystères.

«Celui qui voudra perdre sa vie pour Moi la trouvera»!

Ceci va directement à l'encontre de votre nature. Cependant, cette contre-nature est la recette de la fabrication de l'or, des Noces Chymiques de Christian Rose-Croix.

Aussi, «croire» au sens magique de l'alchimie chrétienne, ne veut-il pas dire se perdre mystiquement dans les sphères sentimentales du sang, mais confier au Feu de Christ la volonté, en tant que clé de toute la conscience, en tant que base du moi.

Croire est une activité dans le jeu de flammes du Saint Esprit. Tous ceux qui croient ainsi que Jésus est le Christ, tous ceux qui, dans l'offrande de la volonté, se plongent ainsi dans les grottes ardentes du Salut, sont nés de Dieu. Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde de la lutte dans la multiplicité des idées, et gagne le vêtement d'or de l'éternelle plénitude, dans et par l'Esprit, l'Eau et le Sang.

«La Flamme doit être allumée par le Feu; la Nature alors changera, et de la Matrice, l'Or sera réalisé».

 

Jan van Rijckenborgh, Le nouveau signe, chap. XIV (Haarlem, Rozekruis-Pers, Hollande, diffusion: éditions du Septenaire)

Texte dans son contexte

15:45 Publié dans 04. Gnose moderne | Lien permanent