« Notes | Page d'accueil | Monade »

01.09.2006

La grande mission...

La grande mission d'une Ecole Spirituelle est d'apporter le message du Salut vivant, inhérent à la Gnose, à tous ceux qui veulent s'élever, par un processus de transmutation, de la vie matérielle jusqu'à l'Homme Ame-Esprit. Pour répondre à sa vocation, celle-ci doit satisfaire à trois conditions élémentaire: apporter la connaissance du pourquoi et du comment de la création; pouvoir transmettre cette connaissance à ceux qui cherchent vraiment et aspirent à la vie de l'Esprit, au moyen d'un plan d'enseignement clair et d'un méthode approprié; accompagner le candidat durant la période d'enseignement et d'apprentissage sur le chemin qui conduit de l'homme-matière à l'homme-esprit.

Il résulte de la cosmogonie de Mani que l'Homme Primordial, l'Homme Spirituel, s'étant volontairement constitué prisonnier du Cosmos par son sacrifice au service de l'Ame du Monde, aspire de tout son être à la Libération de l'emprise du monde de la Matière où son «intelligence» (son noûs), son «Moi Vivant», cette «partie de Dieu», est retenu en esclavage, soumis à la domination des Démons, des Eons et des Archontes des Eons, pour reprendre la terminologie des anciens gnostiques.

Le Salut, représenté dans le mythe par l'intervention de Jésus-Splendeur ou Jésus le Lumineux, symbole «des Eglises fondées par les Apôtres», qui enseigne à Adam, l'homme terrestre, le pourquoi et le comment des Trois Temps - le Commencement, le Milieu, et la Fin - consistera pour l'élève manichéen, grâce à la Gnose singulière apportée par Mani et par l'expérience vécue qui confirme le témoignage de «l'Illuminateur suprême», à prendre conscience de son état de séparation, de sa dualité, à se «ressouvenir», devenant «à nouveau [présent] au Royaume de Dieu dont [il] est issu», échappant ainsi à l'oubli et à l'ignorance auxquels le contraint son «mélange» et son identification avec le mental-corps.

La connaissance de soi ou «Voie du vide», qui est renoncement à l'Erreur et détachement du faux, est donc, comme pour tous les gnostiques, la «condition du nouveau devenir humain» (van Rijckenborgh) et le moyen privilégié permettant d'accéder, ici et maintenant, avant la mort, au «Paradis des Lumières». Si la résurrection de l'Homme Nouveau n'a pas lieu dès la vie présente, comme dans le cas des Croyants/Auditeurs et des Incroyants, l'âme, toujours soumise à la domination des sensations, de la vitalité, des émotions et des pensées, est condamnée à renaître, à subir le «transvasement» dans un nouveau corps. Car contrairement aux conceptions et opinions orthodoxes des religions juive, chrétienne et musulmane, le «Réveil» ne peut s'accomplir dans l'Au-Delà, celui-ci n'étant qu'une sphère intermédiaire, un lieu de passage et de purification, permettant la préparation d'une nouvelle incarnation du microcosme humain.

 

François FAVRE