« L'énigme du Mal absolu: occultisme et nazisme | Page d'accueil | Relativité de la Vérité »
04.08.2006
Manichéisme et hermétisme
Longtemps, dans les milieux de la recherche spirituelle et universitaire, on se demanda si et jusqu’à quel point, le manichéisme et l’hermétisme étaient en contradiction. Hermès a présenté l’unité absolue de la vie, et le temps et l’espace comme un incident qui peut être résorbé facilement. Mani a insisté sur l’opposition et la lutte entre la lumière et les ténèbres, telle qu’il la voyait à l’œuvre dans l’univers. Pourtant, comme le souligne Jan Van Rijckenborgh dans ses commentaires du Corpus Hermeticum, «Manichéens et hermétistes sont frères de la même souche… L’Hermétisme formule la clarté philosophique. Le manichéisme évoque une réalité révolutionnaire, l’adieu positif conscient à la nature inférieure. Aussi le manichéisme eut-il, à son époque, par cette façon de voir, une grande emprise sur les hommes. C’est pourquoi il fut tellement redouté et haï de l’adversaire, et persécuté plus mortellement encore que le catharisme. Les ennemis des cathares les firent périr par le bûcher et d’inanition. Les frères et sœurs manichéens furent mutilés et martyrisés de façon atroce, inimaginable. Nous savons que le catharisme, bien que se plaçant philosophiquement sur un terrain plus hermétique, était orienté vers le même but que celui poursuivi par les frères et sœurs manichéens. Parce que le but était semblable, on accusa les cathares d’être manichéens, dans l’intention préconçue de les poursuivre et de les exterminer de la même manière. Ce que la Gnose actuelle doit à ces deux Fraternités est inexprimable.» A certains moments dans l’histoire de l’humanité, il est nécessaire de mettre l’accent sur la malignité de la nature dans son apparence actuelle pour faire ressortir d’autant plus nettement, devant la conscience, la lumineuse patrie de l’humanité. Mais à d’autres, il est tout aussi nécessaire de diriger directement l’attention du chercheur sur le principe de l’Unité pour dégager la conscience de l’emprise de la matière. Nous comprenons ainsi que les mythes et les cosmogonies souvent contradictoires, utilisées par les Gnostiques de tous les temps pour transmettre leur vision du monde, n'ont pas de valeur absolue et relèvent d'une approche stratégique visant au changement (changement 2 selon la terminologie de l'Ecole de Palo Alto). Un récit symbolique ne prétend pas à la Vérité. Même s'il «dit la Vérité», il n'est qu'une représentation imagée, un modèle du monde, un moyen de toucher la raison et le coeur de l'homme pour le pousser à un nouveau comportement, libérateur (seuls les actes sont libérateurs). C'est pourquoi nous devons apprendre à lire les textes sacrés et les grands mythes de l'humanité comme s'ils n'avaient été écrits que pour nous-mêmes.
François FAVRE
22:40 Publié dans 02. Gnose manichéenne | Lien permanent | Envoyer cette note



