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07.03.2006
Mani et Augustin, par Jan van Rijckenborgh
L'Histoire du monde nous apprend que […] quiconque apporte à l’humanité le secret des deux ordres de nature, ne peut espérer un autre sort que celui de Mani, sublime instructeur du troisième siècle, fidèle et dévoué serviteur de Jésus-Christ, dont les écrits, nous rapportant son enseignement, furent à l'instigation d'Augustin, rageusement détruits par les évêques catholiques romains. Mani eut le cou tranché. Sa tête, remplie de son, fut exposée au bout d'une pique, à l'une des portes d'une ville de Perse, afin de symboliser sinistrement combien Mani devait être vide et détraqué ! C'est depuis lors, qu'on appelle « maniaque » le chercheur de chimères que l'on veut stigmatiser. Et les écrits d'Augustin, un des fondateurs de l'Eglise catholique romaine ne manquent pas de nous dire jusqu'à quel point Mani était maniaque.
Augustin, après une jeunesse immorale, se joignit aux Manichéens et demanda à être initié à leurs Mystères. Mais les Mystères et les valeurs du lointain Royaume, ne se révèlent qu'à l'homme renouvelé et fondamentalement changé, ce qui n'était pas le cas pour Augustin. Aussi, comme il trouva partout porte close, fut-il, en tant qu'homme dialectique, conduit à l'opposé de son essai de cambriolage initiatique. Sur une parole hautaine et méprisante : « Je n'ai jamais rien vu qui décelât la présence réelle d'un autre ordre de nature » ; il quitta l'Ordre, ce qui n'était qu'une réaction humaine à sa faillite spirituelle. Il voua ensuite sa vie à la fondation d'un royaume Christique dans cet ordre de nature Père de l'Eglise catholique romaine, pilier incontesté de la hiérarchie catholique, il envisagea une théocratie terrestre temporelle, un état clérical qui devait tenir lieu de ce qu'il n'avait pu atteindre.
La psychanalyse n'était pas connue en ce temps là, sinon, on aurait su que son activité ultérieure expliquait sa désillusion précédente.
L'activité d'Augustin est continuée, dans sa forme moderne, par l'ordre des Jésuites et nous pouvons ainsi constater comment l'antique drame qui fut celui de Judas, vit jusqu'à nos jours, sa reprise éternelle. Judas, lui aussi, désirait une théocratie terrestre, sous l'égide de Jésus son Maître bien aimé. Quand Jésus déclara que son Royaume n'était pas de ce monde, Judas tenta de Le contraindre.
Jan van Rijckenborgh, Le mystère des béatitudes
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