13.07.2007
Henri-Charles PUECH (1902-1986), par M. TARDIEU
Les recherches d’aujourd’hui en histoire des idées ont été marquées, de façon décisive, par quelques grands articles de Puech, telle sa contribution sur « Numénius d’Apamée et les théologies orientales au second siècle », parue en 1934 dans les Mélanges Bidez. Il y montrait le rôle déterminant joué par le milieu religieux de la Syrie du IIe siècle dans l’élaboration et la constitution d’une métaphysique systématique articulée sur l’opposition entre un premier dieu, Père et Roi, inconnu et oisif, et un second dieu, Fils et démiurge. Les études actuelles sur le platonisme moyen et tardif doivent beaucoup à cette vision, tout à fait remarquable, d’un monde global dans lequel une doctrine philosophique prend ses racines à l’intérieur du syncrétisme religieux.
Les études actuelles sur les textes et les doctrines que livrent les manuscrits coptes de Nag Hammadi ont leur point de départ dans la grande contribution de Puech aux Mélanges Crum, parus en 1950 (« Les Nouveaux Écrits gnostiques découverts en Haute-Égypte. Premier inventaire et essai d’identification »). La meilleure étude d’ensemble des évangiles en usage chez les gnostiques ou fabriqués par eux reste, aujourd’hui encore, celle qu’il publia en allemand dans la troisième édition des Neutestamentliche Apocrkyphen d’Edgar Hennecke (1959).
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04.07.2007
Manichéen, manichéenne...
Venus d'Iran au IIIe siècle, les manichéens sont perçus comme des Perses, vieux ennemis des Romains. Leurs détracteurs jouent sur le nom de leur prophète, Mani, pour le rapprocher du terme méprisant de folie (mania, en grec). La langue française a intégré depuis longtemps le terme « manichéen ». Une « perspective manichéenne », par exemple, est qualifiée telle parce qu'on la trouve simpliste ou schématique ; l'emploi de l'adjectif « manichéen » est fréquent dans un contexte où l'on oppose une vision des choses à une autre, une position politique à une autre, une religion du bien à une religion du mal. Cet usage de la langue remonte à plusieurs siècles, à une période où l'adjectif « manichéen » servait à désigner n'importe quelle sorte d'hérétiques au Moyen Age : cathares et albigeois, et déjà, avant eux, bogomiles et pauliciens... (d'après J. D. DUBOIS)
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30.06.2007
Manichéisme
Doctrine religieuse prêchée par le perse Mani ou Manès (216-276), peintre, calligraphe et poète qui, s'identifiant au Paraclet annoncé par Jésus, se prétendit porteur d'une nouvelle révélation.
Encouragée en Iran par le roi Châhpuhr Ier, cette doctrine fut prêchée jusqu'en Inde à la faveur des expéditions de ce dernier et dans de nombreuses régions à l'occasion des voyages de son fondateur.
Combinant des éléments chrétiens, mazdéens, zoroastriens et bouddhistes, cette forme de gnose reposait sur un dualisme radical développé dans le cadre d'une « histoire du salut » : la coexistence et la lutte éternelles des deux principes fondamentaux égaux et antagonistes : le Bien, symbolisé par la lumière, et le Mal, figuré par les ténèbres et identifié à la matière. Enfermé dans la matière, l'homme doit s'en libérer par la connaissance.
Se voulant une religion universelle, le manichéisme se répandit effectivement entre le IIIe et le XIe siècle dans l'empire romain et, ultérieurement, dans le monde musulman. Mani demandait d'ailleurs à ses adeptes d'« errer perpétuellement dans le monde, prêchant la doctrine et guidant les hommes dans la Vérité ». Des fragments de textes rédigés en différents dialectes persans, en chinois et en vieux turc (ouïgour), ont été retrouvés au nord-ouest du Turkestan chinois. Cette diversité témoigne de la fabuleuse extension de la doctrine de Mani. Après la mort de son fondateur, le manichéisme, persécuté, ne tarda pas à disparaître en Iran, mais subsista en Orient jusqu'au XIVe siècle. En Occident, malgré la lutte énergique que menèrent contre cette doctrine les empereurs à partir de Dioclétien, elle réapparut çà et là, au Moyen Âge, chez les Bulgares, les Serbes Bogomiles et enfin chez les Cathares du Midi de la France, où elle ne fut éradiquée qu'au terme de la sanglante croisade menée contre les Albigeois.
L'étude du manichéisme repose essentiellement sur la réfutation qu'en fit saint Augustin dans ses Confessions, ainsi que sur des sources syriaques, arabes, persanes, pahlavies ou arméniennes.
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Ouïgours
(ou Ouïghours, ou Uigurs).
Tribu turque primitivement établie dans le bassin de la Selenga, en Asie centrale. D'abord vassaux des Tou-kine, ils profitèrent de la dislocation de leur empire (741) pour conquérir l'hégémonie en Mongolie, qu'ils dominèrent de 745 à 840 (invasion des Kirghiz). Les Ouïgours s'établirent alors en Chine centrale où ils créèrent un État dont la civilisation fut des plus brillantes jusqu'à ce que les Mongols y missent fin (XIIIe s.) : adoption du manichéisme comme religion d'État, invention d'une écriture tirée de l'alphabet sogdien (lui-même dérivé du syriaque) ce qui leur permit de créer la plus ancienne des littératures d'expression turque et de contribuer puissamment au progrès de la civilisation chez les peuples turcs et mongols.
Aujourd'hui, les Ouïgours sont majoritaires (7,2 millions sur 16,9 millions d'habitants en 1990) dans la région autonome ouïgour du Xinjiang. Musulmans sunnites, ils revendiquent leur indépendance vis-à-vis de la Chine.
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16.03.2007
Mani, le Christ d'Orient
Article paru dans Le Monde des religions n° 21 (janvier/février 2007)
Né en Perse au 111e siècle, mort en martyr, Mani établit une religion universelle, l'Église de la Justice, qui prêche la lutte entre la Lumière et les Ténèbres. Persécutée, elle a disparu au XVe siècle.
Tôt ce matin de février 274, après un long voyage à travers le royaume de l'ancienne Perse des rois sassanides, les voyageurs s'approchaient de la ville de Gundishapur, l'orgueilleuse cité impériale, dont les portes étaient encore fermées. Un frisson leur parcourut l'échine, non pas dû à la rigueur du climat, mais au spectacle qui se dévoilait à leurs yeux. Celui d'un corps coupé en deux, cloué sur les battants de l'énorme porte. Car, même à une époque où les châtiments atroces étaient courants, pareille mise en scène horrifiait. Parmi ces voyageurs venus de tous les coins de l'Empire, beaucoup reconnaissaient à la jambe torse la dépouille de Mani ou Manès, le prédicateur infatigable qui avait parcouru le royaume pendant presque quarante ans pour annoncer « la bonne nouvelle » et prêcher l'évangile dualiste de la lutte entre la Lumière et les Ténèbres. Certains se souvenaient de lui comme d'un peintre sans égal, d'un poète au souffle épique, d'un musicien de talent ou d'un médecin remarquable. Trois jours après sa mort, sa dépouille démembrée, empaillée et nue, était encore là. Son martyre, pour Mani, attestait de la victoire du mal sur le bien, et son destin tragique prouvait le bien fondé de sa doctrine. Ses restes furent jetés aux chiens, de peur que sa sépulture ne devienne un lieu de pèlerinage.
Lorsqu'il naît soixante ans plus tôt, en 216, en Irak, de grands changements géopolitiques bouleversent l'ordre du monde. L'Empire romain décadent est assailli par ses ennemis. La Perse, son éternel rival, est alors dirigée par les Arsacides. Neuf ans plus tard, profitant de la désagrégation de la monarchie, Ardashir, originaire de Perside, prend le pouvoir et se lance dans de nouvelles conquêtes. Sous son impulsion, la Perse retrouve la place prépondérante qui était la sienne dans la région au temps de Cyrus et de Darius. Il fonde la dynastie des Sassanides, qui ne prendra fin qu'avec l'arrivée des Arabes en 636.
La légende veut que Mani appartienne par sa mère, Maryam, à une famille princière proche des Arsacides, et qu'il ait été abandonné à sa naissance par son père, Patteg, suite à une révélation. Une voix lui enjoignit par trois fois de changer de vie et de se retirer hors du monde. Patteg adhéra à la foi des Elkhasaïtes, un syncrétisme gnostique judéo-chrétien, et vint vivre parmi eux en basse Mésopotamie. Lorsque Mani eut quatre ans, Patteg l'arracha à sa mère et le prit avec lui afin de poursuivre son éducation au sein de la communauté elkhasaïte. Ce traumatisme exercera une influence durable sur l'enfant, suscitant chez lui colère, révolte et désir d'affranchissement.
En 228, Mani, alors âgé de douze ans, reçoit une première révélation de l'ange At-Taum, c'est-à-dire le « compagnon inséparable », le « jumeau » : « Sépare-toi de cette communauté car tu n'appartiens pas à ses adeptes... Toutefois, en raison de ton jeune âge, le temps n'est pas encore venu pour toi de te manifester. »
Dès lors, Mani prend la mesure de la mission qui lui est confiée, soutenu en cela par son double spirituel qui l'instruit, répond à ses questions, lui redonne force et confiance au milieu des épreuves, en particulier quand il lui faut affronter les docteurs de la secte lors de controverses. Son attitude sème trouble et discorde dans la communauté. On l'accuse de rejeter les rites de purification, les commandements du Sauveur, les interdits alimentaires et le travail agricole. Mani explique à ses coreligionnaires que Jésus, leur maître à tous, ne souffle mot de ces pratiques dans ses enseignements et que la seule pureté, « c'est celle qui est atteinte par le moyen de la Gnose ». Ses convictions hérétiques mettant en danger la communauté, les responsables elkhasaïtes excommunient le prophète récalcitrant.
L'ange At-Taum lui apparaît alors une seconde fois et le confirme dans sa vocation prophétique. Mani vient d'avoir vingt-quatre ans. Accompagné de son père et de deux disciples, il dirige ses pas vers l'Inde pour suivre l'itinéraire emprunté deux siècles plus tôt par l'apôtre Thomas, considéré comme le « jumeau » de Jésus. Au cours de ce premier voyage missionnaire, Mani tente d'implanter son message dans les communautés chrétiennes disséminées entre Caucase et Inde, et se familiarise avec la culture bouddhique et la riche pensée indienne. Deux ans plus tard, de retour en Iran, il reçoit l'autorisation du roi Shapur 1er, successeur d'Ardashir, d'enseigner librement sa doctrine dans l'Empire perse.
Protégé par le pouvoir royal, Mani parcourt inlassablement le royaume, à pied malgré son infirmité, prêchant la « bonne nouvelle » du Salut, implantant des communautés et édifiant des temples. Son projet est de fondre en une seule tradition spirituelle les enseignements du Bouddha, de Zoroastre et de Jésus. Cette religion nouvelle, sans équivalent, doit changer le monde par la non-violence et la non-lutte. Son message sera enseigné dans toutes les langues, proclamé dans chaque ville et se répandra plus loin que toutes les religions qui le précédèrent.
Afin d'assurer la conservation et la transmission de son enseignement, Mani en fixe lui-même par écrit le contenu et l'illustre par des calligraphies et des peintures, dont le souvenir est vivace, aujourd'hui encore, dans la mémoire des peuples orientaux. La religion manichéenne ayant pour vocation d'être « entendue dans toutes les langues », Mani réforme radicalement l'écriture perse, afin que tous puissent lire ses ouvrages. Son alphabet, plus riche en caractères que l'arabe, est aussi adopté par des non-manichéens pour transcrire et traduire les Écritures indiennes et bouddhiques.
En quelques années, le manichéisme connaît un essor foudroyant, mais il s'attire l'inimitié des mages mazdéens, qui avaient porté Ardashir et les Sassanides au pouvoir. Il leur faudra toutefois attendre la mort de Shapur pour mettre à exécution leur sinistre projet : établir le mazdéisme en religion d'État et éliminer par tous les moyens leurs opposants, manichéens, juifs, bouddhistes, brahmanes, nazaréens, chrétiens. Mani est arrêté et condamné à mort pour « crimes contre Dieu ». Jeté en prison et couvert de chaînes, son agonie sera lente. Ses derniers moments sont consacrés à son Église : il enjoint ses compagnons à poursuivre « la guerre sainte » des fils de la Lumière contre ceux des Ténèbres, qui ne finira que lorsque la dernière âme aura été sauvée de « l'abîme du monde ». Le martyre du Prophète (sa Passion ou sa Crucifixion, diront plus tard ses disciples), qui dura vingt-six jours, s'achève par cette sublime prière : « Ô Christ, ô Anges glorieux et lumineux /J'invoque vos noms / Libérez mon esprit de sa prison / Ôtez de moi ce manteau de douleur / Et conduisez-moi hors de ce monde ». Et, dit une homélie manichéenne, « les messagers de la Lumière s'approchèrent en une ronde pour conduire sa grande Âme dans les Hauteurs. La Parole protège la tête du Juste. Elle le conduit dans les sphères de la Lumière. L'envoyé de la Lumière est de retour chez lui. Ainsi s'élève la perle de Lumière. » Au jour de son Ascension, Mani « le Vivant » avait, dit-on, environ soixante ans.
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16.02.2007
Mani, réincarnation de Lao-Tseu
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13.01.2007
Mani, le Christ d'Orient
Article de l'auteur paru dans Le Monde des religions n° 21 (janvier/février 2007), rubrique Histoire/Personnage, p. 48/49.
Un autre article paraitra dans le numéro 22 de mars/avril, sous le titre : Krishnamurti, le Voyant qui marchait seul.
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30.10.2006
Mani, messager de lumière
Texte issu de Mani, Christ d'Orient, Bouddha d'Occident, sur la vie de Mani.
http://mani.blogspirit.com
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16.10.2006
Commander
Les Éditions du Septénaire - www.septenaire.com « La littérature gnostique à l'ère actuelle » |
Les deux livres peuvent être commandés sur les sites suivants:
- Amazon (vendeur: francois2734)
- Price Minister (vendeur: Marcion)
- Editions du Septenaire
Nota: Pour le moment (12/09/2007), le livre de Timothy FREKE et Peter GANDY, Les Mystères de Jésus, n'est disponible que sur le site PRICEMINISTER, à l'adresse suivante:
http://www.priceminister.com/offer/buy/57735747
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04.10.2006
Le signe du Paraclet
«Jésus, premier Né, sauve-moi, s’écrie le psalmiste manichéen. Je veux ôter ce (vêtement) terrestre: ... l’ancien... je l’abandonnerai. Le feu du... de la ruse, et le camp des ennemis, je les soumettrai par l’armure du Paraclet. J’ai renoncé à toi, ô Satan. Les anges de (la lumière m’ont aidé à vaincre les)… des démons. Je m’extrairai de (la gangue) de ce monde et (je me détournerai) de la fausse lumière émanant de la quintuple étoile. Je détruirai la ruse des Archontes que je porte en moi et je rayonnerai dans le signe du Paraclet.»
Quand le moment est venu, quand les six phases du mystère chrétien d’initiation ont été réalisées par le candidat à la vie libérée, les deux corps, le corps matériel et le corps vital porteur de l’Âme nouvelle, peuvent être séparés l’un de l’autre. Cette rupture et ce détachement du vêtement de lumière s’accomplissent en six endroits: la tête (1), le cœur (2), les deux mains (3 et 4) et les deux pieds (5 et 6). Ces six aspects correspondent aux fameux stigmates du Christ crucifié et aux six points d’attaches du corps vital avec le corps physique. Le cœur est le siège de la rose; la tête, le siège du pouvoir mental, donc de l’esprit; les centres des deux mains sont les organes du pouvoir d’action; les centres des deux pieds sont les organes de l’activité motrice.
Chez les cathares ce processus de «détachement de la croix» s’accomplissait au cours de la cérémonie du consolamentum qui avait lieu dans la grotte de Bethléem, à Ussat-les-Bains dans le sud de la France, près de Tarascon sur Ariège.
Lors de cette puissante célébration, le futur parfait recevait le baptême du feu par imposition des mains, puis prenait place dans le Pentacle gravé dans la roche, avant d’être revêtu de la robe noire de l’Ordre, symbole de son nouvel état d’Âme vivante reliée au champ de l’Esprit.
Le rite manichéen de «la main droite», qui s’accomplissait de plusieurs manières à l’intérieur de l’Église manichéenne, remplissait probablement la même fonction que la cérémonie du consolamentum: le baptême de l’Esprit «consolateur» était conféré par les Anciens à celui qui était parvenu au terme de son processus d’endoura (la dissolution du moi et du Soi supérieur), celui en qui les «trois jours» (de douze heures) avaient triomphé des «deux nuits» et des «cinq sortes de grands combats».
Ce «saint baptême de Jésus-Christ» consacre ou confirme dans le candidat la séparation définitive des deux Principes, Lumière et Ténèbres, Matière et Esprit. «Va-t-en ainsi, joyeuse, est-il dit de l’âme victorieuse, entraînée vers la terre de lumière, scellée de ton sceau, avec tes couronnes [= chakras, roues de feu] qui ne se fanent point; Ceux qui portent la couronne reçoivent un saint baptême. Ils entrent dans le repos parfait [libération]».
Pour la «créature nouvelle», pour l’Homme parfait, la fin des temps, le «temps postérieur» s’est accompli. Il a intérieurement rétabli la tri-unité Esprit, Âme et Corps, symbolisée dans les textes manichéens par le vêtement de l’Ame, la couronne de l’Esprit et le sceptre de la nouvelle conscience, attributs du véritable prêtre-roi. Du cœur de l’homme pneumatique jaillit alors cet antique chant de louange, dédié au Mani de tous les temps: «Tu nous as délivrés de la douleur, ô Seigneur. O Paraclet, tu as répandu sur nous la joie. Toutes les églises célèbrent ton Mystère. Nous donnons aujourd’hui notre rose, comme les arbres donnent leur fruit, afin qu’elle devienne une couronne que tu poseras sur notre tête.» À cette invocation et ce témoignage spirituel il était ainsi répondu:
Salut à toi, ô Âme, qui a mis fin à la lutte en jubilant. Tu t’es échappée de la tanière du lion, de la demeure des voleurs, du corps de la mort, pleuré de tous. La mer et les vagues, tu les as vaincues par la foi. Les monstres qui voulaient envahir ton bateau, tu les as vaincus sur ta route. Ils ne t’ont ni reconnue ni comprise. La force du péché gémit, parce que tu lui as échappé soudainement. Car tu n’as pas suivi l’erreur et par ta Vertu grandissante, tu as éteint le feu de ses démons. Tu as confondu les chasseurs qui voulaient te capturer. Tu as déroulé leurs filets. Maintenant, ils s’étonnent de la beauté de tes ailes, parce que tu t’élèves avec la force de l’aigle jusqu’au colombier de la liberté.
François Favre, Mani Christ d'Orient, Bouddha d'Occident
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