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26/04/2014

Krishnamurti sur France Culture (03/11/2013) : Les racines du ciel, émission de Frédéric Lenoir et Leili Anvar

François Favre, écrivain, scénariste, journaliste, conférencier, spécialiste de la gnose et du manichéisme, aujourd’hui enseignant et éducateur auprès de jeunes en difficulté. Profondément marqué par sa rencontre avec Vimala Thakar lors d’un voyage d’étude en Inde (1995), il consacre ses premières recherches universitaires aux rapports entre la vie intérieure de Jiddu Krishnamurti et Rudolf Steiner et leurs conceptions de l’éducation. 

Il a écrit en 2002 chez Septénaire : Mani, Christ d’Orient, Bouddha d’Occident.

 

Musique

La norma de bellini chanté par La Callas.

 

La page de l'émission sur France Culture

 

23/09/2012

Les Jardins de lumière (1), de Amin Maalouf

Ce roman de A. Maalouf, qui date de 1991 et fut publié initialement chez Lattès, demeure à ce jour la meilleure introduction au sujet avec Mani et la tradition manichéenne de François Decret (1974/2005, au Seuil) et l'article de synthèse de H.-Ch. Puech, Manichéisme (Encyclopédie Universalis, en ligne). Pour mieux le faire connaître, nous proposons sur ce site plusieurs extraits de cet ouvrage incontournable, dont le quatrième de couverture ci-dessous. 


Mani Jardin lumiere Maalouf couverture (Copier).jpgLes Jardins de lumière c'est l'histoire de Mani, un personnage oublié, mais dont le nom est encore, paradoxalement, sur toutes les lèvres. Lorsqu'on parle de « manichéen », de « manichéisme », on songe rarement à cet homme de Mésopotamie, peintre, médecin et prophète, qui proposait, au IIIe siècle de notre ère, une nouvelle vision du monde, profondément humaniste, et si audacieuse qu'elle allait faire l'objet d'une persécution inlassable de la part de toutes les religions et de tous les empires.

Pourquoi un tel acharnement ? Quelles barrières sacrées Mani avait-il bousculées ? Quels interdits avait-il transgressés ?

«Je suis venu du pays de Babel, disait-il, pour faire retentir un cri à travers le monde ».

Plus que jamais, en cette époque déroutante qui est la nôtre, son cri mérite d'être entendu. Et son visage redécouvert.

C'est à Mani que ce livre est dédié, c'est sa vie qu'il raconte. Sa vie, ou ce qu'on peut en deviner encore après tant de siècles de mensonge et d'oubli.

Mani et la tradition manichéenne (1), par François Decret

Ce livre de F. Decret, qui date de 1974 et fut publié iniatialement dans la collection Maîtres spirituels au Seuil, demeure à ce jour la meilleure introduction au sujet avec le roman Les jardins de lumière d'Amin Maalouf (Lattès, 1991) et l'article de synthèse de H.-Ch. Puech, Manichéisme (Encyclopédie Universalis, en ligne). F. Decret est spécialiste du manichéisme africain et de la pensée d'Augustin (saint). Pour mieux le faire connaître, nous proposons sur ce site plusieurs extraits de cet ouvrage incontournable, dont l'introduction ci-dessous. 

 

Mani decret couverture (Copier) (2).jpg

Sous le signe de la malédiction

Manichéen, manichéisme !

Si, comme les êtres, les mots ont une histoire, ceux-là n'ont jamais pu se libérer de cette sorte de malédiction qui les a frappés dès leur origine – et, bien évidemment, en raison de leur origine. Malgré les travaux de quelques rares spécialistes pour tenter de rétablir la vérité historique, travaux demeurés sans incidence véritable sur le jugement commun, il n'y a jamais eu de procès public de réhabilitation pour ces hommes et leur doctrine, définitivement condamnés depuis que, au nie siècle de notre ère, Mani paya de sa vie son « abominable et sacrilège hérésie ».

Certes nous sommes-nous quelque peu éloignés aujourd'hui des moeurs politico-policières de l'Antiquité et du Moyen Âge, quand rois et empereurs, païens ou chrétiens, aussi bien que califes musulmans, leurs saintes Inquisitions unanimes sur ce point, envoyaient au bûcher, à la hache du bourreau ou aux travaux forcés ces « réprouvés », convaincus, à tort ou à raison, de manichéisme. Il reste toutefois que, pour désigner telle erreur crasse, telle analyse simpliste qui conduit à une solution primaire, on continue à parler doctement de « vision manichéenne ». Le manichéisme est toujours considéré comme un péché contre l'esprit. Et, dans ce qu'il est convenu d'appeler de nos jours le public cultivé, qu'évoquent donc les noms du prophète iranien et de son système dualiste, sinon le symbole même de l'absurdité grossière et de la myopie intellectuelle ? Le dictionnaire confirme cette acception habituelle, celle qui est couramment reprise dans la presse, dans les discours : les « conceptions manichéennes », ce sont celles de l'adversaire, donc viciées par l'erreur et la bêtise. Et si l'on admet des progressions dans l'aberration intellectuelle et l'abomination morale, c'est pour situer le manichéisme aux limites extrêmes. Au milieu du Ive siècle déjà, des Ariens, poursuivis par le zèle redoutable de l'évêque d'Alexandrie, Athanase, et craignant de faire les frais d'une accusation d'hérésie devant les tribunaux impériaux, s'adressaient ainsi à Constance : « Si cela devait arriver, de grâce, veille toi-même à ce qu'on ne nous prenne pas pour des Manichéens! »

Être confondu avec la secte maudite, voilà bien le pire sort qui pouvait menacer un groupe schismatique ou hérétique. Quel que soit par ailleurs son anachronisme, la comparaison suivante traduit assez bien l'opposition des fidèles de la Catholica et même des membres de groupements dissidents, tels les Donatistes africains, vis-à-vis des Manichéens : « Ils étaient les bolcheviks du IVe siècle, une cinquième colonne venue de l'étranger pour noyauter l'Église chrétienne. »

Comment alors faire une place à Mani et à ses adeptes parmi les maîtres spirituels et les écoles qu'ils ont fondées ? N'est-ce pas une gageure paradoxale que de prétendre inscrire son nom parmi ceux de ces hérauts qui ont su témoigner des plus hautes exigences de l'esprit et de la conscience, parmi ces saints de vitraux, dont la foi radieuse et les miracles enluminent les riches heures de leur religion ? Comment, par exemple, ranger l'hérésiarque perse à côté d'un Augustin, lui-même heureux transfuge de la secte abhorrée, qui n'a eu de cesse, jusqu'à son dernier jour, avec la vigoureuse charité de son Eglise triomphante, de dénoncer « l'imposteur Mani », dont « les préceptes font des trompeurs ou des dupes », ce Mani qui « prêche la doctrine des démons menteurs » et dont la secte corrompue – pestilentissima haeresis – tend ses lacets de mort : « Tu as poussé si loin la folie, tu as tellement été égarée par de perfides enchantements... Comme tu t'es plongée dans l'adultère et enfoncée dans la prostitution ! »

Tel se présente ce dossier, qui n'est pas gagné d'avance. Mais qui donc pourrait dire, de l'évêque d'Hippone ou de tel autre « maître » confirmé par une vivante tradition, ou du moins par quelque légende dorée, celui qui a poursuivi plus loin que Mani l'aventure spirituelle ? Cette aventure ne se mesure pas aux balances du succès. Chacune est singulière, irremplaçable. Celle de Mani plus que bien d'autres (p. 11-13). 

17/09/2012

Mani sur France Culture (16/9/2012) : Les racines du ciel, émission de Frédéric Lenoir et Leili Anvar

François Favre, écrivain, scénariste, journaliste, conférencier, spécialiste de Krisnamurti, enseignant et éducateur auprès de jeunes en difficulté. Il a écrit en 2002 chez Septénaire : Mani, Christ d’Orient, Bouddha d’Occident.


LECTURES
- Hymne manichéen du Turfan qui résume la gnose manichéenne, « Destin de l’âme », cité par François Decret dans Mani et la tradition manichéenne, Seuil, Points Sagesse, p. 93.

- Hymnes manichéens cités François Favre dans Mani, Christ d’Orient, Bouddha d’Occident, Editions du septenaire, 2002, p. 369-484.

 

MUSIQUE :

- This is the end, The Doors, séquence d’ouverture du film Apocalypse now, de F. F. Coppola, BO

- Improvisation, Alla (luth)

- Laudate dominum, de Mozart (Soprano : Ursula Buckel)

 

AGENDA CULTUREL

- Mani et la tradition manichéenne, de François Decret, Seuil, collection Points

- Le Guide divin dans le shî’isme originel, de Mohammad-Ali Amir-Moezzi, Verdier Poche

 

La page de l'émission sur France Culture

12/09/2007

Les Mystères de Jésus (vente sur Internet)

Désormais (12/09/2007), le livre de Timothy FREKE et Peter GANDY, Les Mystères de Jésus, est disponible à l'achat sur Internet sur le site AMAZON (cliquer sur le lien) ou sur celui de la FNAC. 
 

10/09/2007

Les débuts du christianisme (documentaire)

Précédemment, j'ai mentionné la sortie en juillet de la traduction française du livre Les mystères de Jésus de Timothy FREKE  et Peter GANDY, publié par les éditions ALETHEIA. Les personnes intéressées par le sujet pourront trouver ci-dessous les liens permettant de visualiser un formidable documentaire sur les origines du Christianisme, diffusé à l'origine sur la chaîne Planète en février/mars 2006, où nos deux auteurs apparaissent régulièrement. La totalité du reportage (deux parties: Les débuts du Christianisme et Qui était Jésus Christ?) est diffusée sur Internet via Dailymotion (plate-forme ouverte de publications). Pour permettre sa diffusion, le documentaire a été découpé en quatre parties:

http://www.dailymotion.com/video/xtpzs_mythes-de-lhumanit...

http://www.dailymotion.com/video/xtqxj_mythes-de-lhumanit...

http://www.dailymotion.com/video/xv5sm_mythe-de-lhumanite...

http://www.dailymotion.com/video/xv5sm_mythe-de-lhumanite...

Si vous estimez que la taille de chaque vidéo est trop petite, il suffit de cliquer sur ZOOM dans la barre située juste sous la vidéo pour que cette dernière s'affiche en plein écran.

 
François FAVRE

  

23/07/2007

Le livre du jour... (Joël de ROSNAY)

La révolte du Pronétariat (livre à télécharger en PDF)

Site du livre: une initiative intéressante (à plusieurs titres)...

Voir aussi : Révolution : 100 mots pour changer le monde (Olivier BESANCENOT)

Nota : Si je ne partage pas les convictions politiques et le programme d'un mouvement comme la LCR, loin s'en faut, j'apprécie nombre de leurs analyses de la situation actuelle (entre autres, le fait que le capitalisme dérègle le climat, perturbe la nature, et menace l'humanité). Certains affirment que le marxisme en tant que grille de lecture du monde et des événements est dépassé; sincérement, je ne le pense pas... Plus la mondialisation capitaliste (l'horreur économique) se développe et progresse, plus la pensée marxiste (et anarchiste) devient actuelle... Malheureusement, celui qui n'apprend pas du passé est puni dans l'avenir ! C'est pourquoi je crois que si les époques qui font l'objet de ma recherche sont bien passées, elles ne sont pas pour autant dépassées, le passé, le présent et le futur n'étant qu'une seule et même dimension.

 
François FAVRE 

La phrase du jour... (Edgar MORIN)

Je crois en l'improbable...

 
Edgar MORIN 

La phrase du jour... (Alioune SALL)

Le pire n'est jamais certain.

 
Alioune SALL 

22/07/2007

Qui est terroriste?

Concernant la question du terrorisme islamique, voici ce que j'écrivais dans l'introduction de mon livre consacré à Mani...

[Henry Corbin] fut […] l’un des rares penseurs occidentaux modernes capable d’entrevoir que l’herméneutique du « sens caché » du Coran, telle que la pratiquaient les ésotéristes musulmans, avait non seulement la puissance de nous ouvrir « le secret des âges et des espaces de l’Iran, mais aussi celui de notre tradition spirituelle, à nous occidentaux ». « Lisez le Livre avec extase du cœur, émotion intérieure et réflexion subtile. Lisez le Coran comme s’il n’avait été révélé que pour votre propre cas », écrira Sohravardi à ses disciples.

En faisant largement appel aux travaux novateurs de Corbin, nous voulons aussi restituer à la civilisation arabo-musulmane son véritable visage en rappelant qu’elle fut pendant mille ans « la Lumière de l’Occident » et qu’il a toujours existé, des origines jusqu’à nos jours, un « autre islam », spirituel et gnostique, devant être considéré comme la source de ce qui fut l’une des plus brillantes civilisations que le monde ait connu : l’islamisme.

Le terme d’ « islamisme » a hélas pris en Occident (chrétien), depuis vingt ou trente ans, un sens spécialisé, politique, généralement péjoratif, qui tend à assimiler l’islam à la violence, à l’intégrisme et au terrorisme (Islam = islamisme = intégrisme = terrorisme).

Ce dangereux glissement de sens est essentiellement le fruit d’une diabolisation du monde musulman dans son ensemble, orchestrée par les grands médias occidentaux qui, selon des stratégies déjà largement éprouvées, attisent la peur et la haine de l’« étranger » en s’appuyant sur des réflexes nationalistes et racistes hérités d’un passé récent, celui de la décolonisation en Afrique du Nord, ou plus lointain, celui des guerres de religions et des croisades qui virent s’affronter de manière sanglante, pour la domination du monde et des esprits, Chrétienté et Islam. 

Les discours et les prises de position, qui visent à construire une image négative et menaçante de l’islam, font oublier que la violence des islamistes est avant tout une réponse, une réaction, à celle des grands États européens et en particulier des Etats-Unis (il s’agit ici d’une contre-violence politique).

Ceux-ci  estiment légitime et logique la domination sans partage qu’ils exercent depuis la fin de l’Empire soviétique sur l’économie et la politique mondiale et tendent à oublier le fait que l’Occident « a vaincu le monde non parce que ses idées, ses valeurs, sa religion étaient supérieures – rares ont été les membres d’autres civilisations à se convertir –, mais plutôt par sa supériorité à utiliser la violence organisée. Les Occidentaux l’oublient souvent, mais les non-Occidentaux jamais » (Huntington).

Les événements les plus tragiques de l’Histoire récente montrent qu’il est vain de croire que la violence politique et religieuse est le seul fait de l’islam : le génocide du Rwanda a été organisé par des factions catholiques et soutenu par des Etats modernes comme la France ou la Belgique, et la purification ethnique à l’encontre des musulmans bosniaques fut principalement le fait de serbes, chrétiens orthodoxes, aidés par la Russie.

Il est donc impossible de parler de « frontières sanglantes de l’islam » (Huntington) sans évoquer simultanément les « frontières sanglantes de la chrétienté » orthodoxe et catholique au cœur de l’Europe, ou les « frontières sanglantes de l’hindouisme » au Cachemire et au Sri Lanka, ou encore les « frontières sanglantes des intérêts des grands Etats européens ou américains » dans les lignes de frontière entre le Nord et le Sud (Ramonet).

La question qui se pose maintenant est la suivante : menacé par la puissance grandissante de la Chine confucéenne et de l’islam, qui ne cesse de progresser en France, en Europe et dans le monde, l’Occident chrétien parviendra-t-il à conjurer son déclin, amorcé au début de ce siècle ? Dans un monde désormais « multipolaire et multicivilisationnel », saurons-nous apprendre à coexister pacifiquement, comme l’indiquèrent Bouddha, Jésus ou Mani en leur temps, ou bien nos différences nous pousseront-elles vers un nouveau type de conflit plus violent que ceux que nous avons connu depuis un siècle ? C’est aussi à cette question « cruciale » que ce livre tente de répondre, en proposant un point de vue différent, « autre », sur de nombreux problèmes ou  énigmes  qui résistent aux méthodes d’investigation traditionnelles.

 

François FAVRE 

Mani Christ d'Orient Bouddha d'Occident, pp. 51-56